Perú

Tombogrande, Piura, Chiclayo

Dès mon arrivée au Pérou, je me retrouve dans une zone très désertique. Un environnement aride et très venteux. Les nombreux villages que je traverse sont très pauvres et je constate tout de suite la différence de niveau de vie avec l’Equateur. Ici au Pérou, le moyen de transport privilégié est le « tuk-tuk » , on retrouve des motos taxi absolument partout.

Je passe par Tombogrande où je fais ma première alte et trouve un hôtel à 7e la nuit. Puis je prends la direction vers Piura. J’ai fait le choix de rejoindre la côte pacifique en pensant pouvoir rouler tranquillement sans dénivelé et ainsi faire plus de kilomètres. Le Pérou est un pays gigantesque est j’espère pouvoir rejoindre prochainement la cordillère de Andes.

Après Piura, je prends la route direction Chiclayo à environ 260km. Et là je me retrouve dans un désert de dunes où il n’y a absolument rien apart des dunes sur 300km. La route également est très ennuyeuse, une simple ligne droite jusque Chiclayo. Et c’est là que les problèmes commencent, un vent très fort se lève et me ralenti énormément. Je lutte à pédaler et chaque mètre est un réel défi. Le soir, lorsque je campe, ma tente se casse sous la force du vent. Je finirai par faire du stop pour les 50 derniers kms et une personne m’a déposé à Chiclayo.

Catache, Santa Cruz, Montan, Chota

Après mes péripéties sur la côte, je décide de rejoindre la montagne. L’objectif est de rejoindre Cajamarca où je vais rencontrer Zoila et Fabianna (qui est atteinte de la maladie de Huntington juvénile).

C’est très difficile physiquement de rejoindre la montagne, en effet je suis au niveau de la mer et j’ai énormément de dénivelé à remonter. Les montagnes péruviennes sont très hautes et il est normal ici d’être entre 4000 et 5000m d’altitude au quotidien. Les paysages sont magnifiques, je longe un canyon et monte un énorme col jusque le village de Catache où je passerai la nuit. Ici je suis vraiment dans un endroit très isolé, les locaux n’ont jamais vues un touriste et sont très interpellés par ma présence. Le lendemain, je me dirige vers le village de Santa Cruz. Après quelques heures à pédaler, une patrouille de police s’arrête à mon niveau et me demande si je suis d’accord pour qu’ils me déposent au prochain village. J’accepte et fais connaissance de ces charmants policiers. Une fois arrivé à Santa Cruz, je continue de vivre d’incroyables expériences humaines. On m’offre le déjeuner et même la nuit dans un hôtel, incroyable !

Puis je me dirige vers le village de Chota, d’où est originaire le président péruvien. Sur la route, je fais encore d’incroyables rencontres. Une famille m’invite même pour le déjeuner où je savoure le célèbre « cochon d’Inde » , un plat très réputé au Pérou. Ce qui me marque le plus pour l’instant au Pérou, c’est clairement la générosité et l’hospitalité des péruviens.

Depuis Chota jusque Cajamarca, je suis un itinéraire hors des sentiers battus, il n’y a plus de routes et je me retrouve sur des pistes de cailloux et sables. Les paysages sont encore une fois magnifique, c’est dur physiquement car ça grimpe énormément mais ça vaut vraiment la peine.

Cajamarca

Lors de mon passage dans la ville de Cajamarca, j’ai eu le plaisir de rencontrer Fabiana, une jeune fille de 15 ans atteinte de la maladie de Huntington juvénile.

Fabiana a développé la maladie à l’âge de 3 ans, très jeune, elle a 86 répétitions (CAG), un nombre que je n’avais jamais vu auparavant.

Sa mère, Zoila fait de son mieux pour aider sa fille qui est malheureusement déjà à un stade avancé de la maladie.

En effet Fabiana a déjà cessé de parler, d’écrire, de manger, de marcher et peut à peine s’asseoir. Elle dispose d’un fauteuil roulant qui lui a été donné et elle ne peut même plus s’y asseoir. Elle passe donc ses journées allongée dans son lit.

Le père de Fabiana a développé la maladie à l’âge de 36 ans et les symptômes étaient très intenses chez lui. La maladie a progressée très rapidement et en à peine 10 ans il était déjà à un stade très avancé.

Anxiété, agressivité, dépression, colère excessive, autant de symptômes que nous connaissons tous de cette maladie et qui rendent la tâche très difficile aux aidants.

La mère de Fabiana a perdu son mari très jeune et s’est retrouvée seule à s’occuper de ses deux petites filles.

Fabiana a une sœur, Alisson, 14 ans, qui, quant à elle, est toujours en bonne santé et en forme. Elle étudie et aide sa mère et sa sœur. Bien sûr, elle vit dans la peur de développer elle-même cette terrible maladie dont souffre sa sœur.

Zoila est une mère très courageuse, elle survit avec un maigre salaire de vendeuse et consacre sa vie à ses enfants, une incroyable leçon de vie.

J’étais vraiment très heureux de rencontrer cette famille, de discuter et de partager nos expériences communes avec la maladie de Huntington.

C’est toujours très triste de rencontrer des familles touchées par cette maladie et encore plus lorsque ça touche des enfants.

J’espère de tout mon cœur leur avoir apporté un peu de lumière, leur avoir donné de l’espoir et leur montrer qu’elles ne sont pas seules.

Merci Zoila, Fabiana et Alisson, vous avez maintenant un nouvel ami sur qui compter, nous sommes ensemble face à la maladie de Huntington.

Cajamarca – Caraz

J’ai eu l’occasion de rencontrer d’autres cyclotouristes français à Cajamarca et nous avons le même itinéraire.

Nous avons donc passé 10 jours ensemble et parcouru 551 km pour 11 050 m de dénivelé positif de Cajamarca à Caraz.

Nous avons suivi l’itinéraire du site « bikepacking.com »:

https://bikepacking.com/routes/dirt-road-touring-peru/.

Un itinéraire magnifique qui permet de sortir des sentiers battus et de traverser des endroits très isolés.

Au menu : de la haute montagne jusqu’à 4700m, des rivières, un canyon, de nombreux villages où nous sommes toujours très chaleureusement accueillis par la population locale.

Et aussi quelques ennuis, je suis tombé, j’ai eu des soucis avec mon vélo et j’ai dû faire du stop, nous sommes aussi tombés malades…

En 10 jours de vélo, nous avons vécu d’innombrables péripéties, une vraie aventure.

Faire du vélo à cette altitude avec un vélo chargé à 30/40kg relève du défi. La respiration devient plus courte, la vision change, les efforts deviennent de plus en plus intenses et parfois un mal de tête survient.

Afin de ressentir le moins possible l’altitude, il faut s’acclimater au préalable. Heureusement nous roulons depuis des mois en haute altitude et nous sommes bien acclimatés.

Huascarán National Park – Laguna 69 – Huaraz

Après cette magnifique aventure en bonne compagnie, je me dirige vers la ville de Huaraz afin d’acheter une nouvelle tente. J’en profite pour réviser le vélo et faire le pleins de vivres et je reprends la route direction le parc national de « Huascarán ».

J’ai suivi une boucle à vélo de 500km et les paysages sont vraiment majestueux. Le parc regorge de lagons, de glaciers, de cascades et de montagnes qui culminent à plus de 6000m d’altitude (dont le célèbre « Huascarán » , 6768m).

A vélo c’est encore une fois très challengeant, beaucoup de passages sur des routes très difficiles (rochers, sable, gravier), beaucoup de dénivelé positif et des cols jusqu’à 4800m d’altitude.

J’ai également traversé de nombreux villages et j’ai eu la chance d’interagir avec de nombreux habitants. Dans cette région, les habitants parlent encore le « Quechua », la langue Inca.

Lors de la dernière nuit dans le parc , j’ai campé au pied d’un célèbre sentier de randonnée nommé « laguna 69 ». C’est un lac qui culmine à 4700m d’altitude et offre des couleurs spectaculaires.

Lima

Lors de mon séjour à Lima, la capitale du Pérou, j’ai eu le privilège de rencontrer l’Association Huntington du Pérou composées de Esther Candela (directrice), Mercedes, Olga et Nelly.

Une rencontre très enrichissante afin de connaître la situation avec la maladie au Pérou et rencontrer différentes familles.

On recense actuellement 70 patients atteints de la maladie de Huntington dans le pays, mais on imagine qu’il y en a beaucoup plus.

En effet, il est très compliqué d’identifier les patients en Amérique latine. C’est une maladie rare, de sorte que de nombreux patients ne sont pas diagnostiqués et ne peuvent donc pas être aidés.

D’où l’importance de donner de la visibilité à la maladie afin d’identifier de nouveaux patients.

Les principaux problèmes rencontrés au Pérou sont liés notamment à la pauvreté, de nombreuses familles vivent dans un niveau de pauvreté élevé. La taille du pays et les transports peu développés rendent difficile les déplacements pour rencontrer les familles et les malades. Impossible pour eux de se rendre à Lima pour rencontrer des professionnels de santé.

Certaines familles doivent payer elles-mêmes les médicaments car elles ne sont pas couvertes par le système de sécurité sociale péruvien et cela représente pour elles un coût très élevé.

Le test génétique est également payant et il est impossible de faire un test pré-symptomatique. Le test prénatal d’embryons n’existe pas ici en raison du fait que l’avortement est illégal.

Et il y a très peu d’informations sur la maladie donc heureusement il y a quelques années l’Association Huntington du Pérou a été créée et collabore avec Factor-h. Malheureusement eux-mêmes ont très peu de moyens et ont de belles idées pour les patients et le désir d’aider mais ils sont économiquement limités.

Je suis allé à la rencontre de différentes familles et patients dans la région de Lima et Cañete, où se concentre la majorité des patients. Grâce à l’association Factor-H , nous avons pu distribuer des produits de première nécessité.

Cusco

Je suis resté quelques jours dans la ville de Cusco, capitale du règne inca. Je connaissais déjà cette région du Pérou mais je reste émerveillé par la beauté de cette ville.

Cusco est pour moi, l’une des plus belles villes d’Amérique latine. L’architecture Inca et coloniale est très présent et cette région est chargée d’histoire.

La ville culmine à 3400m d’altitude et est entourée de nombreuses ruines incas, c’est un site très culturel et historique.

Cusco fait partie du patrimoine de l’UNESCO et accueille jusqu’à 2 millions de touristes par an.

J’adore me promener dans les différents marchés de la ville et aussi dans toutes ces petites rues étroites avec ces couleurs blanches et ces tuiles oranges.

La gastronomie à Cusco est également réputée et vous pouvez savourer de nombreux plats péruviens.

Nous sommes dans les Andes et ici les locaux parlent aussi le quechua, la langue inca qui est encore enseignée dans les écoles afin de préserver la culture et je trouve ça vraiment super !

La majorité des touristes viennent ici pour se rendre au célèbre Machu Picchu et je l’ai déjà visité il y a quelques années donc je n’y suis pas retourné.

Vinicunca – Rainbow Mountain


Vinicunca, également appelée Montaña de Siete Colores, est une montagne des Andes du Pérou à une altitude de 5 200 mètres d’altitude.

J’ai eu le plaisir de gravir cette belle montagne et ça valait le coup. Les paysages sont vraiment incroyables.

Les couleurs sont fabriquées à partir de différents minéraux et nous offrent un spectacle étonnant.

Lac Titicaca

Je suis arrivé dans la région du lac Titicaca où j’ai passé quelques jours.

Le lac Titicaca culmine à 3812m d’altitude et couvre une superficie de 8562km², c’est une région magnifique.

Sur le lac, il y a différentes îles et il y a même la communauté « los uros » qui vit encore sur des îlots construits à Totora.
Totora est une plante trouvée spécifiquement dans cette région.

Sur mon chemin, j’ai rencontré de nouveaux cyclo-voyageurs français en partance pour le Chili.
Après avoir fait connaissance, nous décidons de faire quelques kilomètres ensemble et nous traversons la frontière bolivienne pour arriver à Copacabana.

En route vers La Paz, nous profitons d’une dernière nuit au bord du lac Titicaca pour camper et profiter d’un magnifique coucher de soleil.

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