La maladie de Huntington

Qu’est ce que la maladie de Huntington ?

La maladie de Huntington est une maladie neurodégénérative héréditaire. La dégénérescence progressive des cellules du cerveau affecte les capacités fonctionnelles du patient. Résultat : des troubles moteurs, cognitifs et/ou psychiatriques se développent au fil de l’évolution de la pathologie.

La maladie de Huntington (MH) est une maladie génétique, ce qui signifie qu’elle peut être transmise de génération en génération.

Le gène qui cause la MH est normalement responsable de la production d’une protĂ©ine appelĂ©e huntingtine. Cela se trouve dans les cellules de tout le corps humain, mais en particulier dans le cerveau et la moelle Ă©pinière. Le gène mutĂ© causant la maladie amène la protĂ©ine Ă  former des amas dans la cellule, ce qui perturbe la fonction des cellules.

Ces dommages surviennent le plus souvent dans la zone du cerveau appelĂ©e les noyaux gris centraux. Les noyaux gris centraux contrĂ´lent le mouvement, la comprĂ©hension, la rĂ©solution de problèmes et les Ă©motions. C’est pourquoi les symptĂ´mes de la maladie de Huntington comprennent souvent des problèmes de mouvement, de rĂ©flexion et d’émotions. De plus, ces problèmes ont tendance Ă  modifier le comportement d’une personne.


La maladie de Huntington en chiffres (source INSERM) :
• 6 000 Français en sont atteints (présentent des symptômes)
• 18 000 individus sont porteurs du gène muté.


La progression de la pathologie peut s’étaler sur 10 à 25 ans, période pendant laquelle elle tue progressivement les cellules nerveuses du cerveau.

En 1872, George Huntington écrivit un article sur la maladie: «On Chorea», c’est pourquoi la maladie devint plus tard connue sous le nom de «chorée de Huntington». Huntington à cause du nom du médecin, chorée à cause des mouvements. Le terme est dérivé du mot grec «choreia» qui signifie «danser».

Aujourd’hui, nous l’appelons «maladie de Huntington», car Huntington prĂ©sente divers symptĂ´mes (y compris des changements cognitifs). Nous avons tendance Ă  dire que les symptĂ´mes apparaissent gĂ©nĂ©ralement entre 35 et 40 ans, mais il existe de grandes diffĂ©rences individuelles.


Quels sont les symptĂ´mes ?

La maladie de Huntington entraîne en générale des troubles moteurs, cognitifs et psychiatriques.
Leurs manifestations, étape d’apparition et intensité varient d’un patient à l’autre.


➢ Troubles moteurs : Mouvements involontaires (chorée, bradykinésie, dystonie), difficulté à initier un mouvement, troubles oculomoteurs, perte d’équilibre, élocution et déglutition difficiles


➢ Troubles cognitifs : Difficulté à s’organiser, trouble de la concentration, tendance à persister, accès de colère, inconscience de son propre comportement, difficulté à apprendre de nouvelles informations, trouble de la mémoire


➢ Troubles psychiatriques : dépression, irritabilité, tristesse ou apathie, retrait social, insomnie, fatigue, pensées morbides, Trouble Obsessionnel
Compulsif, manie, impulsivité, euphorie, trouble bipolaire


On remarque également une perte de poids importante notamment à un stade avancé.


Quelles sont les causes de la maladie ?


Le gène responsable de la MH est situé sur le bras court du chromosome 4. Ce gène a été identifié et localisé en 1993, et depuis, des tests prédictifs peuvent être réalisés.


L’anomalie gĂ©nĂ©tique qui provoque la maladie de Huntington est une augmentation de rĂ©pĂ©tition de trois nuclĂ©otides (C, A et G – appelĂ© codon ou triplet CAG) au sein du gène HTT  , codant la protĂ©ine huntingtine.

Répétition de CAG et expression de la maladie, tableau de répartition :

Nombre de répétitions de CAGClassificationExpression de la maladie
<28NormalNon affecté
28-35IntermédiaireNon affecté
36-40Pénétrance réduiteVariablement affecté
>40Pénétrance complèteAffecté


Comment soigner cette pathologie ?


À l’heure actuelle, il est impossible de guérir la maladie de Huntington et d’interrompre sa progression. Il existe néanmoins des traitements symptomatiques. Le but : atténuer les troubles moteurs ou psychiatriques.


Différentes thérapies permettent d’aider le patient à vivre avec la maladie et à rester autonome aussi
longtemps que possible.


➢ Traitement médicamenteux : neuroleptiques (réduit les mouvements), antidépresseurs, psychotropes
➢ Traitement non médicamenteux : psychothérapie, orthophonie, physiothérapie, kinésithérapie…

Il existe de nos jours de nombreux travaux de recherche de diffĂ©rents laboratoires avec des espoirs très prometteurs quant Ă  la mise au point d’un Ă©ventuel traitement.

Une vidĂ©o ci dessous, du Professeur Alexandra Durr, neurogĂ©nĂ©ticienne AP-HP/Sorbonne UniversitĂ©, chercheuse et co cheffe d’Ă©quipe Ă  l’Institut du Cerveau et le docteur Nathalie Cartier, chercheuse INSERM et chef d’Ă©quipe Ă  l’Institut du Cerveau, nous expliquant la recherche concernant la maladie de huntington.